Culture & Foi est un projet d’apostolat catholique avec des articles sur la théologie et la culture au sens large, des titres originaux et des rééditions d’ouvrages anciens à télécharger ou à commander.
Nous proposons aussi des conférences, à destination des paroisses, des établissements d’enseignement catholique et des communautés religieuses.
Pour nous contacter, cliquer ici.

Articles

Marie-Madeleine, témoin de la Sainte Trinité

By articles No Comments

La scène du tombeau vide, dans Jean 20, 11-17, fait de Marie-Madeleine la première personne à être témoin de la résurrection de Jésus. Dans cet article, nous allons montrer qu’à l’instar d’Abraham, Marie-Madeleine est une âme hautement privilégiée puisque Dieu lui apparaît simultanément dans les trois personnes de la Sainte Trinité. Cette interprétation pourrait expliquer le fameux « ne me touche pas » qui laisse perplexe bien des théologiens.

Avant d’entrer dans le vif du sujet précisons que, selon la Tradition de l’Église, Jésus-Christ ressuscité apparaît en tout premier lieu à sa mère, la Très-Sainte Vierge Marie. Cela n’est pas rapporté dans les Écritures, mais c’est conforme au simple bon sens.

Marie n’est pas mentionnée dans aucun des Évangiles lors de la Résurrection, mais on peut s’imaginer qu’elle était au tombeau au moment même où la pierre fut roulée et que le Christ dans sa gloire, est sorti librement du rocher. La consolation de voir son Fils et Seigneur, libre de tous liens, s’extraire lui-même du caveau devait être à la mesure de la désolation qui transperça son coeur lorsqu’il fut lié et livré au sadisme des bourreaux.

Les autres femmes qui avaient passé la soirée du samedi en sa compagnie, ont pu constater en pleine nuit que Marie n’était plus au milieu d’elles ; elles sont alors sorties à sa recherche avant le lever du jour, sans en informer les disciples masculins qui passaient la nuit dans un lieu séparé. C’est ce qui explique qu’aucun homme n’était avec elles, alors même qu’elles avaient besoin de muscles, comme le précise Marc en 16, 3 : 

Elles se disaient entre elles: « Qui nous roulera la pierre hors de la porte du tombeau? »

Mais laissons ces suppositions de côté et revenons à Marie-Madeleine :

Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vient de bonne heure au tombeau, comme il faisait encore sombre, et elle aperçoit la pierre enlevée du tombeau.
Elle court alors et vient trouver Simon-Pierre, ainsi que l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit: « On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l’a mis. »
Pierre sortit donc, ainsi que l’autre disciple, et ils se rendirent au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble. L’autre disciple, plus rapide que Pierre, le devança à la course et arriva le premier au tombeau.
Se penchant, il aperçoit les linges, gisant à terre ; pourtant il n’entra pas.
Alors arrive aussi Simon-Pierre, qui le suivait ; il entra dans le tombeau ; et il voit les linges, gisant à terre, ainsi que le suaire qui avait recouvert sa tête ; non pas avec les linges, mais roulé à part dans un endroit.
Alors entra aussi l’autre disciple, arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut. En effet, ils ne savaient pas encore que, d’après l’Écriture, il devait ressusciter d’entre les morts.
Les disciples s’en retournèrent alors chez eux.

Le texte nous apprend qu’avant de rejoindre Pierre et Jean au tombeau, Marie-Madeleine y est allée une première fois, en compagnie d’autres femmes : selon Luc 24, 10, et Marc 16, 1 il s’agirait de Salomé, Jeanne et Marie, mère de Jacques. L’Evangile de Jean, lui, ne précise pas que ces femmes sont avec elle, mais le pluriel employé confirme que Marie-Madeleine n’était pas seule : « Nous ne savons pas où on l’a mis ». Après avoir constaté que le tombeau était ouvert, elles sont redescendues prévenir les disciples ; et Pierre et Jean sont les premiers informés. Ceux-ci sortent immédiatement et s’y rendent en courant. Ils sont suivis par Marie-Madeleine, qui retourne donc au tombeau une seconde fois. Cette fois, elle est la seule femme : les autres étant probablement à ce moment-là en ville en train de prévenir les autres disciples. Et lorsque Pierre et Jean redescendent faire leur rapport aux autres, elle reste seule au tombeau et c’est à cet instant que se produit la rencontre ; sans autres témoins.

Lisons ce passage en essayant de nous représenter la scène :

Marie se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Or, tout en pleurant, elle se pencha vers l’intérieur du tombeau et elle voit deux anges, en vêtements blancs, assis là où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la tête et l’autre aux pieds.
Ceux-ci lui disent : « Femme, pourquoi pleures-tu? » Elle leur dit: « Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis. »
Ayant dit cela, elle se retourna, et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? » Le prenant pour le jardinier, elle lui dit : « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je l’enlèverai. »
Jésus lui dit : « Marie! » Se retournant, elle lui dit en hébreu: « Rabbouni » – ce qui veut dire : « Maître. » Jésus lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père.
Mais va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Si nous tentons de faire une représentation spatiale de la scène, nous obtenons le schéma suivant :

Nous avons donc, dans notre dessin en vue de dessus, les deux anges à gauche, à l’intérieur du tombeau, assis sur la pierre. Marie se trouve sur le seuil. Le troisième personnage est à droite.

Marie entend ces hommes lui dire « Femme, pourquoi pleure-tu ? » Le texte ne précise pas qui parle. Il est suggéré que tous les trois prononcent la phrase en même temps : en effet, alors qu’elle est en train d’observer les anges assis à l’intérieur du tombeau, nous lisons qu’à cet instant Marie se retourne ! Pourquoi se retourne t-elle ? Très certainement parce qu’elle a entendu parler simultanément derrière elle ! Le texte nous le confirme puisqu’au verset suivant, la même phrase « Femme, pourquoi pleure-tu ? », est mise dans la bouche du jardinier.

C’est alors qu’elle s’entend être appelée par son prénom : « Marie ! », et immédiatement elle se retourne une seconde fois. Puisqu’elle s’est de nouveau retournée, c’est donc qu’elle n’est plus face au jardinier, mais qu’elle est maintenant vers l’un des deux autres hommes qui sont assis dans le tombeau.

Dans cette scène, Jésus est donc à la fois le jardinier, et l’un des hommes dans le tombeau. Et c’est vers ce dernier qu’elle est tournée lorsqu’elle l’appelle « Rabbouni ».

Cette situation évoque l’apparition des trois anges à Abraham, qui ne sont pourtant qu’une personne unique puisqu’Abraham s’adresse à eux en employant à la fois le singulier et le pluriel. Les Pères de l’Église s’accordent à dire qu’Abraham reçoit chez lui les trois personnes de la Trinité, sous la forme physique de trois anges :

Genèse 18, 2 Ayant levé les yeux, voilà qu’il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui; dès qu’il les vit, il courut de l’entrée de la Tente à leur rencontre et se prosterna à terre.
Genèse 18, 3 Il dit: « Monseigneur, je t’en prie, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t’arrêter.

 

Comme nous l’avons dit plus haut, le « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père » est énigmatique car il présente un contre-sens. Considérons que Jésus est alors présent, juste devant Marie-Madeleine ; il est à porté de main si l’on peut dire. Ce n’est pas lorsqu’il sera monté vers le Père que Marie-Madeleine pourra mieux le toucher ! Cette phrase, loin de freiner l’élan de Marie, devrait au contraire la porter à se jeter dans ses bras… avant qu’il ne s’en aille pour de bon !
Nous avons pourtant ici l’explication : ces trois hommes étant tout à la fois le Père, le Fils et le Saint-Esprit, il est impossible à Marie-Madeleine d’étreindre celui qui lui fait face pour des raisons d’ordre spirituel. Alors qu’elle tend les bras vers lui à cet instant, l’amour que Marie-Madeleine porte à Jésus, tout pur que soit cet amour, reste relatif à une dimension charnelle ; dimension qui est incompatible avec la divinité qui se manifeste alors simultanément dans les personnes du Père et du Saint-Esprit.

Cette phrase, « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père », signifie que le privilège extraordinaire de Marie-Madeleine, de pouvoir contempler Dieu en ses trois personnes, a tout de même des limites infranchissables : à cet instant, il lui est possible de voir et de parler au Seigneur, mais cet échange ne peut au-delà. Tout contact physique est impossible car il n’est pas dans l’ordre des choses qu’une fille d’Eve puisse, en ce monde, « toucher » le Père, ni même le Saint-Esprit.

Méditons donc l’immense privilège dont jouit Marie-Madeleine à cet instant ! Elle, femme pécheresse, qui était peut-être considérée comme la plus indigne parmi ceux qui accompagnaient Notre-Seigneur, a l’honneur d’être, après la Vierge Marie, la seconde personne à voir Jésus en personne. Avant saint Pierre ! Avant saint Jean ! Mais en plus – grâce extraordinaire – ce sont à la fois le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui se montrent à ses yeux, tous ensemble, dans l’intimité du tombeau.

 

ciel bleu

Ciel bleu ou calme avant la tempête ?

By articles No Comments

ciel bleuEn ces jours de Carême 2020, nous pouvons profiter, pour la première fois depuis plusieurs dizaines d’années d’un immense ciel bleu, qui appartient tout entier aux oiseaux : ces jours-ci, nulle trainée de condensation d’aéronef ne zèbre plus l’azur infini du Créateur !

Ce ciel extraordinairement limpide pourrait nous porter à la plus grande quiétude.

Hélas, le confinement imposé un peu partout sur la planète nous rappelle que l’actualité n’est pas au beau fixe, et que tandis que nous attendons que nos vies reprennent le cours d’avant, se pourrait-il que, quelque part, un orage se prépare…

Encore 40 jours et Ninive sera détruite

C’est en ces termes que le prophète Jonas ira prêcher aux gens de Ninive (Jonas 3, 4), vraisemblablement du temps du roi d’Adad-Nerari III vers -800 (voir notre ouvrage sur le Signe de Jonas)

Pourtant, les Écritures et l’Histoire nous enseignent que Dieu ne fera pas subir à Ninive le sort de Sodome, qui était pourtant annoncé.
A t-il renoncé au châtiment à cause du décret du roi ? De la pénitence sincère de ses habitants ? Ou bien parce que Jonas, au contraire de Lot, n’a pas fui la région après son prêche mais est demeuré en vue de la ville ? La présence de ce juste a t-elle épargné la ville ?

Toujours est-il que Ninive sera pourtant bien finalement détruite…

Nous savons que la conversion de Ninive n’a été que de courte durée. Après le règne d’Adad-Nerari III, les Ninivites sont retournés à leurs idoles. Le Dieu Unique, qu’ils avaient craint un moment après avoir vu et entendu Jonas, a ensuite été relégué au rang de divinité secondaire, pour n’être que le dieu des écritures, appelé Nabu. Les 40 jours de pénitence n’ont donc pas levé la sanction prévue ; ils ont simplement accordé à Ninive environ deux siècles de répit. En effet, au cours de l’été -612, la capitale du puissant empire Assyrien tombera aux mains de ses ennemis, et la ville orgueilleuse qui terrifiait les royaumes voisins sera rasée.

La ville ne sera pas détruite par un phénomène cataclysmique à la manière de Sodome ou de la cité antédiluvienne de l’Altlandide, mais de la plus misérable des façons : elle sera simplement pillée par ses voisins mèdes et par des peuples qu’elle croyait avoir soumis à son autorité.

Finalement, tout s’est passé comme le pressentait le patriarche Tobit dans Tobie 14, 3-4:

Sur le point de mourir, il fit venir son fils Tobie, et lui donna ses instructions: « Mon fils, emmène tes enfants, cours en Médie, parce que je crois à la parole de Dieu que Nahum a dite sur Ninive. Tout s’accomplira, tout se réalisera, de ce que les prophètes d’Israël, que Dieu a envoyés, ont annoncé contre l’Assyrie et contre Ninive; rien ne sera retranché de leurs paroles. Tout arrivera en son temps. On sera plus à l’abri en Médie qu’en Assyrie et qu’en Babylonie. Parce que je sais et je crois, moi, que tout ce que Dieu a dit s’accomplira, cela sera, et il ne tombera pas un mot des prophéties. Nos frères qui habitent le pays d’Israël seront tous recensés et déportés loin de leur belle patrie. Tout le sol d’Israël sera un désert. Et Samarie et Jérusalem seront un désert. Et la Maison de Dieu sera, pour un temps, désolée et brûlée.

De même, voici plusieurs siècles que les mystiques de l’Église et les nombreuses apparitions de Notre-Dame en personne nous avertissent inlassablement du refroidissement de la foi, de l’assoupissement du clergé, et de la colère qui vient. L’incendie de Notre-Dame de Paris – qu’il ait été accidentel ou non – il y a juste un an, n’était-il pas un signe ? Et que penser de l’étonnant décès de Mélanie Panayitou, la soeur du chanteur George Michael, le jour de Noël dernier, exactement 3 ans après le décès de son frère, lui aussi mort un 25 décembre… ? La Providence voulait-elle attirer notre attention sur ce dernier Noël 2019 ? Le tube le plus connu de George Michael, sorti justement à Noël 1984, faisait explicitement référence au 25 décembre : c’était Last Christmas !, dont le refrain était en forme de reproche : « le dernier Noël, je t’avais donné mon coeur, mais tu l’as rejeté ». Le pseudonyme du chanteur faisait d’ailleurs référence à Georges et à Michel, deux fameux pourfendeurs de dragons.

Coïncidences ou signes à destination de ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre ? Peut-être est-il plus que jamais temps de prendre au sérieux les paroles de Tobit : « que tout ce que Dieu a dit s’accomplira, cela sera, et il ne tombera pas un mot des prophéties ».

Pendant que l’on débat de l’origine du nouveau Coronavirus, de savoir s’il est le fruit d’une chauve-souris et d’un pangolin, ou s’il est une arme conçue en laboratoire pour que les puissants puissent finir de mettre les nations à genou et de rassembler dans leurs mains tout l’or du monde, on feint de ne pas voir que l’impensable est finalement possible. Malgré l’orgueil de notre société technologique, de notre science, de notre industrie, de nos démocraties… la guerre et la famine pourraient être à nos portes.

Serions-nous à la veille des malheurs annoncés par le prophète dans Ezechiel 38, 22-23?

Je le châtierai par la peste et le sang, je ferai tomber la pluie torrentielle, des grêlons, du feu et du soufre, sur lui, sur ses troupes et sur les peuples nombreux qui sont avec lui. Je manifesterai ma grandeur et ma sainteté, je me ferai connaître aux yeux des nations nombreuses, et ils sauront que je suis Yahvé.

Ou encore Ez. 38, 11- 12:

Tu diras: « je vais monter contre un pays sans défense, marcher contre des hommes tranquilles, qui habitent en sécurité. Ils habitent tous des villes sans remparts, ils n’ont ni verrous ni portes. » Tu iras piller et faire du butin, porter la main contre des ruines habitées et contre un peuple rassemblé d’entre les nations, adonné à l’élevage et au commerce, qui habite sur le nombril de la terre.

En effet, les puissants de l’ombre, qui croient pouvoir bénéficier pour eux-mêmes d’un nouvel ordre mondial et tourner à leur avantage l’épidémie en cours, sont eux-même les jouets du Seigneur, qui connaît leurs pensées.

Pourtant, eux-mêmes, dans leurs palais flottants ou au plus profond des bunkers, ne seront pas à l’abri de la tempête qui s’en vient. Toujours selon Ezechiel 39, 6 :

J’enverrai le feu dans Magog et sur ceux qui habitent des îles, en sécurité, et ils sauront que je suis Yahvé.

Profitons donc de la pénitence forcée que le Seigneur nous offre dans ce temps de Carême exceptionnel. Savourons, tant que la paix demeure et que les frigos sont pleins, ce ciel bleu, cet abandon à la Providence, ce plaisir de ne plus être importunés au téléphone pour une isolation à 1 euro, de pouvoir faire l’école à la maison pour instruire saintement nos enfants, et pour désirer plus encore que le Seigneur habite dans nos cœurs alors que le confinement nous prive cruellement de l’eucharistie.

Surtout, prions pour ces familles touchées par le deuil et supplions Notre-Dame, comme à Pontmain, afin qu’elle prie Dieu de nous épargner des maux bien plus grands.

Conférences

Livres

Une collection de livres originaux ainsi que des rééditions d’ouvrages anciens à commander au format papier ou à télécharger gratuitement.
Cliquer sur les couvertures pour plus d’informations

Chants chrétiens

Vitraux

BD anciennes

Mascotte

Images pieuses

Prières

Quelques prières courantes ou à découvrir, pour louer le Seigneur, la Sainte Vierge et tous les saints du Ciel

Contact

    Recopier ce captcha : captcha

    Dans ces jours de crépuscule de la Foi Catholique, la marée de l’inculture ensevelit la mémoire et engourdit les intelligences.
    Sachons cultiver les rencontres et les belles lectures qui sauront éclairer notre temps.