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Le temps des dragons

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Il est possible d’associer à chaque objet une dimension symbolique, une figure intellectuelle qui est basée sur les propriétés observables de l’objet. Ainsi, le soleil qui est jaune, rond, chaud, lumineux peut devenir le symbole de tout ce qui peut partager les caractéristiques de l’astre du jour. Le renard, animal roux qui se faufile la nuit dans les poulaillers en déjouant les pièges de l’éleveur peut être le symbole du voleur habile. Une pierre peut incarner ce qui est impassible, ce qui est solide, mais aussi ce qui est froid et insensible. Il en va de même pour la quasi-totalité de ce qui nous entoure. Le symbole est universel car ce qui est chaud est chaud pour tout le monde, ce qui rampe, rampe pour tout le monde, ce qui vole, vole pour tout le monde… quelle que soit sa langue, sa culture ou sa couleur de peau, l’homme partage la même compréhension des symboles.
C’est pour cela que le symbole est le langage de la foi : la religion exprime les réalités surnaturelles par des figures tangibles, par des objets, des créatures, des matières, des situations, qui existent dans le monde naturel. C’est par ce procédé que l’intelligence parvient à donner une réalité à ce que les sens ne peuvent voir ni toucher.

Une créature à part

Au milieu de toutes les figures communes que nous connaissons, le dragon est un cas à part. Il présente la particularité d’être l’une des rares créatures symboliques qui ne s’incarne dans aucune réalité physique. C’est un animal purement mythique.
Autre spécificité : c’est une créature universelle ! Que ce soit en Asie, en Amérique Centrale, ou en Europe, le dragon est représenté d’une façon ou d’une autre dans la quasi-totalité des cultures de la planète, et ce, depuis la plus haute antiquité.
Enfin, pris en tant que symbole, il présente une autre singularité : dans toutes les cultures païennes, il est un symbole de puissance primordiale, de gardien de la connaissance ou de la fortune, tandis que dans le christianisme au contraire, et seulement dans le christianisme (et le judaïsme de l’Ancien Testament évidemment), il a toujours été l’une des représentations du démon.

Dans cet article, nous allons tenter de comprendre pourquoi ce symbole, qui ne s’appuie sur aucune réalité physique, est représenté dans le monde entier, et pourquoi ce n’est que dans la symbolique chrétienne qu’il incarne le Mal.

Remarquons tout d’abord que dans toutes les civilisations, cet animal imaginaire partage quatre caractéristiques communes :
1. Il marche sur quatre pattes,
2. Il vole,
3. Il possède des dents et/ou des écailles comme un reptile,
4. Il crache du feu.

C’est surtout cette quatrième propriété qui lui vaut d’être considéré comme une créature mythique. En effet, la science n’a encore jamais observé un animal capable de produire du feu.
Mais parmi les innombrables espèces aujourd’hui éteintes qui ont autrefois peuplé la planète, se peut-il qu’il en ait eu certaines qui possédaient cette faculté ?

Nous savons qu’il existe de nombreuses créatures qui sécrètent un venin capable de provoquer sur la chair des brûlures semblables à celles causée par une flamme. Le cobra par exemple peut projeter son venin avec précision sur les yeux de la proie ou du prédateur qui le menace au point de le rendre aveugle. Les acides de certains insectes sont capables de percer la carapace de leurs congénères. Il ne serait donc pas exagéré de représenter par un jet de flamme ce qui serait en réalité une sécrétion de venin brûlant.

Par ailleurs, la nature n’est jamais avare de phénomènes surprenants. Nous voyons dans la vidéo ci-dessous une simple anguille électrique tuer un crocodile en produisant des décharges de 600 volts ; pourquoi la Création n’aurait pas imaginé une espèce capable, pour se défendre, de synthétiser une sécrétion pyrophorique telle que la Triméthylphosphine par exemple, qui est une substance organophosporée de formule P(CH3)3 qui s’enflamme spontanément au contact de l’air et qui produit une forte odeur répulsive ?


L’anguille électrique et le crocodile

Autre interrogation : comme chacun le sait, l’horoscope chinois comporte douze signes représentés par des animaux communs en Asie : le serpent, le cheval, le mouton, le singe, le coq, le chien, le cochon, le rat, le bœuf, le tigre, le lapin et… le dragon. On se demande bien pourquoi les astrologues chinois ont choisi un animal imaginaire pour représenter le douzième signe ? N’y avait-il rien d’autre aux caractéristiques similaires qui soit disponible dans le règne animal ? Pourquoi un dragon imaginaire plutôt qu’une chauve-souris ou un pangolin par exemple ?
Ne serait-ce pas tout simplement parce qu’à l’époque de la naissance de l’astrologie chinoise, plus de 2500 ans avant Jésus-Christ, le dragon était un animal bien vivant, aussi commun dans les montagnes que ne l’étaient le tigre ou le singe ?

Si on trouve un animal mythique au milieu d’autres animaux communs, c’est que cet animal a été commun à une certaine époque…

L’Ancien Testament regorge lui-aussi de passages où le dragon est présenté, non comme une créature fantastique, mais bel et bien comme s’il s’agissait d’un animal sauvage parmi d’autres !

Dans l’Ecclésiastique, chapitre 25, nous trouvons :

« 16 J’aimerais mieux habiter avec un lion ou un dragon qu’habiter avec une femme méchante. »

Dans le psaume 91, ceci :

« 13 sur le fauve et la vipère tu marcheras, tu fouleras le lionceau et le dragon. »

Et dans Isaïe 30, ceci :

« 6 Oracle sur les bêtes du Négeb. Au pays d’angoisse et de détresse, de la lionne et du lion rugissant, de la vipère et du dragon volant, ils apportent sur l’échine des ânes leurs richesses, sur la bosse des chameaux leurs trésors, vers un peuple qui ne peut secourir »

A propos de ces dragons volants d’Égypte, nous trouvons chez Hérodote, qui demeure grâce à la précision de ses récits de voyage une précieuse source sur la géographie et l’anthropologie antique, cette information étonnante :

« Il y a en Arabie, en face de la ville de Bouto, approximativement, un endroit où je me suis rendu pour me renseigner sur les serpents ailés. J’ai vu là-bas des os et des épines dorsales de serpents en nombre incalculable ; il y avait des amoncellements d’épines dorsales – certains très grands, d’autres plus ou moins hauts, mais en quantité. L’endroit où gisent toutes ces épines se présente ainsi : un étroit passage qui, des montagnes, aboutit à une grande plaine touchant à celle de l’Égypte. On dit qu’au printemps les serpents ailés s’envolent de l’Arabie pour gagner l’Égypte, mais que les ibis vont les attendre à la sortie de ce défilé pour les empêcher de passer et les tuent. C’est en reconnaissance de ce service, disent les Arabes, que l’ibis est grandement vénéré en Égypte ; et les Égyptiens expliquent eux aussi par là le culte de ces oiseaux. »
« [Les Arabes] recueillent l’encens en faisant brûler du styrax, une gomme dont les Phéniciens font le commerce avec la Grèce, car les arbres qui donnent l’encens sont gardés par des serpents ailés, petits et de couleurs diverses (ceux-là même qui envahissent l’Égypte), massés nombreux autour de chaque arbre ; rien ne peut les en écarter, sinon la fumée du styrax. […] Les vipères, elles, se trouvent partout, mais les serpents ailés ne se trouvent rassemblés qu’en Arabie, et là seulement ; aussi semblent-ils nombreux. »
Hérodote, Enquête, livre II

Mais c’est dans le chapitre 11 du Lévitique que nous faisons une découverte encore plus surprenante. Le patriarche y énumère les caractéristiques des bêtes impures qu’il ne convenait pas de consommer. Or, parmi une liste de créatures que nous connaissons bien, on trouve une catégorie particulière : celle des bêtes portant des ailes mais marchant sur quatre pattes !

« 20 Toutes les bestioles ailées qui marchent sur quatre pattes, vous les tiendrez pour immondes. »

On cherchera en vain une espèce qui vole et qui marche sur quatre pattes dans les arbres phylogénétiques, avec lesquels les biologistes classent les espèces en groupes selon leurs similitudes physiologiques. En effet, aucun oiseau ne marche à quatre pattes. Quant aux insectes qui volent et qui marchent, ils possèdent au minimum 3 paires de pattes. La seule espèce qui pourrait correspondre à la description est la chauve-souris ; mais lorsqu’elle est au sol, elle rampe maladroitement : elle ne « marche » pas à proprement parler et niche habituellement en hauteur, suspendue à ses pattes arrières.

Pour trouver une véritable description d’animaux capables de marcher sur quatre pattes, de voler, et de posséder des dents et des écailles, il faudra attendre les travaux de Georges Cuvier (1769 – 1832), et la publication en 1812, de Recherches sur les ossements fossiles de quadrupèdes. Le fondateur de la paléontologie moderne baptisera cette famille de créatures du nom de ptérodactyles après avoir observé, avec Johann Hermann, que le rôle du long doigt des membres antérieurs était de porter une membrane de vol.

Un dragon : il vole, il marche à 4 pattes, et il porte des dents. Allait-il jusqu’à cracher du « feu » sous forme d’acide venimeux ?

On a depuis identifié de nombreuses espèces de la famille des ptérosaures, dont la variété en taille et en forme de crâne et de mâchoire suggère qu’elles occupaient toutes les niches écologiques : certaines races munies de soies permettaient de filtrer du plancton d’eau douce, d’autres suggèrent un régime piscivore, d’autres encore pourraient être celles de charognards.
Dans tous les cas, ces animaux ovipares, qui ne craignaient aucun prédateur dans les airs, se trouvaient fortement exposés lorsqu’ils évoluaient au sol. Les plus communs nichaient très logiquement dans des grottes inaccessibles à flanc de falaise, à proximité de marécages où ils puisaient leur nourriture.

Dans ses visions, recueillies entre 1816 et 1826, Anne-Catherine Emmerich décrit des créatures similaires, aujourd’hui disparues. Nous pouvons la citer – avec quelques réserves cependant car à la date de leurs publications, les travaux de Georges Cuviers étaient déjà connus ; il n’est donc pas exclu que la mystique ou les auteurs qui ont relaté ses visions aient été influencé par certaines publications de vulgarisation scientifique de l’époque…

« la contrée était pleine d’affreux animaux. On voyait voler en grandes troupes des bêtes noires dont il semblait sortir du feu. Elles empoisonnaient tout, et les arbres sur lesquels elles s’étaient posées se desséchaient. » Abbé de Cazales – Vie de la Vierge Marie d’après A.C. Emmerich

Dans le Tome 4 de la Vie de Jésus, nous lisons ceci :

« Les gens d’ici font la chasse à d’affreuses bêtes tachetées qui ont des ailes membraneuses avec lesquelles elles volent très rapidement. Ce sont comme d’énormes chauves-souris qui sucent le sang des hommes et des bestiaux pendant qu’ils dorment. Elles viennent de fourrés marécageux impénétrables, situés au bord de la mer, et elles causent beaucoup de dommages. Il y a eu aussi en Égypte beaucoup de bêtes de cette espèce. Ce ne sont pas proprement des dragons, et elles sont moins horribles. Les dragons sont plus rares et vivent solitaires dans des contrées tout à fait désertes. »

Certes, la science contemporaine considère que ces créatures se sont éteintes il y a 66 millions d’années. On ne retrouve évidemment leur trace que sous une forme fossilisée, car il ne peut pas en être autrement : les os des créature volantes sont fins et légers par nature et se dégradent très rapidement. Mais souvenons-nous qu’en 1987 les scientifiques ont pu observer un cœlacanthe vivant, ce fameux poisson fossile qui était censé avoir disparu en même temps que les ptérodactyles ! Est-il possible que certaines espèces aient pu survivre dans quelques niches écologiques et subsister jusqu’à notre ère ? Le foisonnement d’histoires locales rapportant l’existence de ces dragons jusqu’au milieu du Moyen-Age tend à accréditer l’hypothèse… Le patrimoine culturel de France et d’Europe regorge d’histoires de dragons, généralement associées à des lieux sauvages, dans des montagnes, des vallées encaissées, des marécages.

Un exemple parmi d’autres : la légende de Saint Véran telle qu’on la découvre sur la porte de l’église du village du Queyras qui porte son nom.

Mondragon

Habitant tout près d’une commune précisément appelée Mondragon, je me suis intéressé à la légende qui lui a donné son nom. L’histoire, du Ve siècle, raconte qu’un reptile ailé hantait alors le Rhône à cet endroit et effrayait les habitants. On l’appelait le Drac du Rhône. Un jeune chevalier, Arnaud, parvint à débarrasser la région de ce monstre. En récompense, il reçu pour épouse Guillemette, la fille du seigneur du lieu. Devenu le nouveau seigneur du village, il lui donna le nom de Mont-Dragon.
Or, à cette époque, les grottes et falaises du secteur de Mondragon, dont la plus spectaculaire est la falaise de Mornas, visible de l’autoroute A7, surplombaient une plaine marécageuse alimentée par un coude du Rhône. C’était là un lieu idéal pour que des ptérodactyles puissent nicher, couver leurs œufs à l’abri des prédateurs, et prendre leur envol pour survoler la plaine, à l’affût de quelque proie ou de charogne à dépecer.
En détruisant les nids, le prince Arnaud mettait fin à cette infestation du Rhône. Il rejoignait aussi dans la gloire les grands sauroctones tels que Saint Georges, Sainte Marthe, Sainte Marguerite d’Antioche, Saint Maclou, Saint Victor de Marseille, Saint Saturnin de Toulouse , Saint Véran et tant d’autres pourfendeurs de dragons.

La plaine de Mondragon : un habitat naturel pour fossiles vivants ?

Un symbole du mal

Observer les symboles contradictoires dans le règne animal peut être un exercice d’oraison.

Comparons par exemple la colombe et le corbeau : le plumage blanc pour l’un et noir pour l’autre, des mœurs douces pour l’un et belliqueuses pour l’autre, le doux roucoulement chez la colombe et le croassement rauque pour le corbeau, l’alimentation végétale pour l’un et les charognes pour l’autre… tout les oppose ! La Bible rend compte objectivement de ces différences dans leur signification symbolique : le corbeau que lâche Noé après le Déluge ne revint jamais dans l’Arche, tandis que la colombe rapporta le rameau d’olivier. Le corbeau abandonne l’arche pour se repaître des cadavres flottants sur les eaux, tandis que la colombe fidèle revient vers son bienfaiteur.

Dans la Création, le règne animal rend compte d’une réalité surnaturelle

Puisque la colombe est gracieuse alors que le corbeau est objectivement déplaisant, et que le symbole est universel, on pourrait s’attendre à ce que tout le monde aime la colombe et délaisse le corbeau. Pourtant, aux yeux de beaucoup de nos contemporains, la colombe est un animal naïf et sot qui ne présente aucun attrait ; au contraire, certains vénèrent le corbeau au point de tatouer son image sur leur corps. Est-ce à dire qu’ils s’identifient à l’animal ? Qu’ils se retrouvent dans ses mœurs ? Ou qu’ils adhèrent à la symbolique qu’il véhicule ? Ou bien n’est-ce pas tout simplement parce que l’attrait du Mal est plus fort chez eux que la vertu de pureté.

Le corbeau, charognard et querelleur est cependant apprécié par certains

Mais tandis que le corbeau se borne à errer dans les champs et à chasser les pies et les pigeons de son territoire, le dragon était, lui, un animal terrifiant à bien des égards. Il empoisonnait l’air et causait des brûlures à ceux qui s’en approchaient, vivait dans des grottes, des marécages, des endroits inaccessibles et se nourrissait de poissons morts et de chair putréfiée. Symbole de solitude, de mort et de dévastation, il était pourtant vénéré par les peuples païens qui adoraient par ailleurs le démon sous ses diverses figures. Et c’est son image que l’on retrouvait dans les temples, les cuirasses et les écussons de ceux qui se mettaient – consciemment ou non – sous son pouvoir. Comme dans le cas du corbeau, certaines aspirations spirituelles influencent le jugement et font aimer ce qui est laid.
Le dragon/ptérodactyle présentait justement toutes les caractéristiques du démon et il était associé dès les premières pages de la Bible à l’ennemi de Dieu et du genre humain. Cet animal qui n’est pas un oiseau, mais qui occupe tout de même le ciel n’est pas à sa place. Comme l’ange déchu qui n’a plus droit au Ciel, le reptile est condamné à ramper sur la terre ; qu’il puisse voler malgré tout à l’aide d’une aile membraneuse pouvait être vu comme un affront fait à l’ordre de la Création. il n’y avait rien d’étonnant alors à ce que les pieux chevaliers du Moyen-Age aient à cœur d’éradiquer les derniers représentants de cette espèce.

Depuis la venue du Rédempteur, l’homme ne gagne sa place au Ciel qu’en suivant Notre-Seigneur ; par la pénitence, les sacrements, la charité.
Prétendre s’élever jusqu’au ciel, et rechercher l’immortalité de la chair dans le transhumanisme, ce n’est rien d’autre que le vieux mirage du serpent. Aussi, lorsque certaines multinationales d’aujourd’hui placent leurs plus grands projets technologiques sous le patronage de l’antique dragon, n’ignorons pas la nature de ce qui les guide et les inspire.

Cyberpunk 2077 : tous les péchés dans un jeu

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En cette fin d’année 2020, le jeu Cyberpunk 2077 est retiré du PlayStore, la boutique en ligne par laquelle les possesseurs de consoles Sony peuvent télécharger leurs jeux. Ce n’est pas grâce à l’action concerté d’associations de familles chrétiennes, mais à cause d’incidents techniques providentiels. Certes, le titre reste commercialisé dans ses versions XBox et PC, mais on peut se réjouir de cette petite victoire du Ciel. Les consoles PlayStations étant les plus vendues (Sony a distribué au moins 114 millions de PS4 dans le monde), ce retrait du PlayStore épargne à des millions d’âmes d’enfants et d’adolescents de se damner.

Vous pensez qu’il est exagéré de prétendre qu’un jeu puisse conduire en enfer ? Pourquoi incriminer Cyberpunk 2077 en particulier et se réjouir de son retrait du PlayStore  ?

Il paraît en effet bien anodin d’exercer ses réflexes dans une partie de simulation de karting en 3d, ou de faire chauffer ses méninges dans un jeu de stratégie de conquête spatiale. Après tout, les logiciels ludiques de ce type ne sont pas autre chose que la version informatique de certains loisirs qui contribuent à la santé du corps et de l’esprit. Et puis, le jeu vidéo est un art ! En raison de la créativité qui s’exprime dans le son, l’image, l’interaction, le scénario, il est reconnu officiellement comme étant le 10ème art, après le cinéma, la photographie et la bande-dessinée. L’art n’est-il pas voulu par Dieu pour qu’à travers lui, les créatures puissent exprimer l’inspiration du monde invisible ?

Mais l’art, tout comme le caractère ludique d’un jeu vidéo, n’est pas innocent par nature. Ce n’est pas parce qu’un « jeu » consiste en une activité non imposée, qui ne vise aucune fin utilitaire sinon celle de se divertir, qu’il est nécessairement bon. L’esprit qui nourrit l’imagination de l’artiste, du scénariste, du développeur, peut tout autant être un ange du Ciel qu’un agent des Ténèbres.

Or Cyberpunk 2077 est loin d’être un titre angélique.

Une liberté totale dans l’interaction avec les personnages… sauf dans les dialogues.

En soi, il ne s’agit que d’un jeu de rôle immersif, en vue à la première personne (c’est-à-dire que vous ne voyez pas votre personnage ; vous voyez ce que voit votre personnage), dans un univers techno-futuriste. C’est un jeu solo, dans lequel vous progressez en accomplissant certaines actions prévues dans le scénario. La différence avec les titres qui l’ont précédé, c’est le niveau de réalisme, la taille de l’univers, et la multitude de quêtes annexes disséminées un peu partout et que l’on découvre au hasard des explorations ou que l’on débloque en engageant la conversation avec des personnages. Ainsi, bien que le joueur soit libre de suivre la narration qui forme la trame du jeu, il est invité à se plonger littéralement dans l’environnement pour découvrir des quêtes cachées, d’autant qu’il y jouit d’une liberté totale.

Pour en savoir plus, regardez cette vidéo qui résume très bien ce qu’est Cyberpunk 2077 et la révolution qu’il représente :

Comme l’explique l’auteur de la vidéo, Cyberpunk 2077 marque un jalon dans l’univers du jeu vidéo. Tant sur le plan technique que conceptuel, il place la barre bien plus haut que ne l’avaient fait les produits précédents, et annonce le futur des mondes virtuels dans lesquels les hommes, confinés dans leurs appartements par des virus fantômes, sont désormais appelé à vivre leurs aspirations sociales.  

Le jeu de rôle Cyberpunk 2020, sorti en 1988, décrivait un univers futuriste transhumaniste dirigé par les corporations internationales. 32 ans plus tard, nous ne vivons pas encore tout à fait dans cet univers, mais il est à nos portes. Pour l’élite qui a investi dans la réalisation du jeu, comme pour celle qui fait avancer l’agenda du Nouvel Ordre Mondial, 2020 était censée être une année charnière. Sur le plan ludique, il y aura un avant et un après Cyberpunk, tout comme il est censé y avoir un avant et un après Covid-19 sur le plan social. C’est pour cela que les investisseurs qui ont financé le développement de Cyberpunk 2077 tenaient absolument à ce qu’il sorte en 2020… et c’est cet aveuglement à respecter leur agenda occulte, qui précipite le semi-échec commercial du jeu.
En effet, le projet était tellement ambitieux, les quêtes annexes tellement riches, le monde tellement vaste, qu’il aurait fallu encore un ou deux ans pour finaliser le projet et encore un an pour optimiser les versions consoles. Résultat : le jeu est sorti le 10 décembre 2020 avec des bugs innombrables qui provoquent la risée des gamers. Sur console, la situation est encore pire puisque la qualité graphique est celle d’une version BETA, c’est-à-dire d’une version de test. Des milliers de joueurs ont immédiatement demandé le remboursement et l’action du studio de développement s’est écroulée. Même si le titre peut encore être sauvé par des mises à jour, l’échec du lancement a refroidi beaucoup de joueurs, et des actions en justice sont envisagées par les financiers contre le studio qui n’a pas tenu ses promesses.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on peut à ce stade souhaiter que le même genre d’aveuglement de l’élite occulte précipite l’échec des projets d’injection de la thérapie génique appelée vaccination Covid-19 ou, tout au moins, à son report d’une dizaine d’année !

Un monde où tous les péchés sont encouragés

Quoi qu’il en soit, l’événement de la sortie de Cyberpunk 2077 est pour nous l’occasion de nous intéresser au péché virtuel et à ses conséquences sur le salut des âmes.

Comment démembrer les passants…

 

En 2020, la quasi-totalité des adolescents des pays développés ont accès aux jeux vidéos et plus de la moitié des garçons de 10 à 18 ans passe au minimum une dizaine d’heure par semaine à l’intérieur de mondes virtuels violents où la seule activité consiste à tuer ses adversaires, dirigés par l’intelligence artificielle ou, plus généralement, par d’autres joueurs.

Ce type de jeu doit son succès aux instincts de protection, de chasse, de compétition, dont l’homme est naturellement doté. Les flux d’adrénaline et de noradrénaline libérés dans les phases de stress correspondent à un phénomène physiologique dont l’adolescent a besoin dans son passage à l’âge adulte. Ces facultés dont dispose notre corps avaient un sens dans les siècles passés, lorsqu’il fallait produire des efforts pour gagner sa nourriture, prévenir les aléas des saisons, construire un toit et protéger sa famille. Elles sont en revanche devenue superflues dans notre monde contemporain aseptisé, où la nature est domptée et où la nourriture est produite par l’industrie. Le jeu vidéo est l’un des rares espaces où l’homme moderne peut virtuellement retrouver certaines émotions pour lesquelles il est naturellement programmé.

Mais l’homme n’est pas fait seulement d’un corps.
La Religion révélée, a offert à l’humanité la possibilité de s’élever spirituellement en nous apprenant à dompter certains caractères de notre nature déchue. La Loi de Moïse d’abord a fixé un cadre permettant à l’homme de s’appliquer à plaire à Dieu en respectant certaines règles ; des règles qui se sont avérées très pratiques pour vivre en société et prévenir les conflits… La Révélation ensuite à donné une dimension universelle en mettant au cœur de l’homme le désir d’aimer Dieu et son prochain, avec comme perspective : la Rédemption et la vie éternelle.

Ainsi, dans une société chrétienne en ordre, la personne humaine progresse vers la sainteté en exerçant la vertu.
Dans les mondes informatiques, animés par des puces de silicium, le joueur se trouve enfermé, comme pris au piège, dans un univers duquel le Ciel est absent.

Et le problème avec les jeux de rôle actuels, et avec Cyberpunk 2077 en particulier, c’est qu’ils combinent trois caractéristiques particulières :

1. Une vue à la première personne et des fonctionnalités qui permettent au joueur d’incarner un personnage,

2. Un univers réaliste, qui simule à la perfection le libre arbitre, sans entraves ni règles,

3. Une trame scénaristique qui encourage le vice : on peut assassiner de toutes les façon imaginables, violer voler, mentir, corrompre, trahir, se livrer à toutes sortes de débauches, etc.

Dans Cyberpunk, le transhumanisme est consenti… ou forcé !

Il faut bien comprendre que l’avatar qui représente le joueur ne fait rien de sa propre initiative. Il n’a d’ailleurs même pas d’existence avant que le jeu ne commence puisque l’une des premières actions du joueur sera de personnaliser son avatar : choisir son sexe (et même la taille de son sexe !), son visage, sa morphologie, jusqu’à ses tatouages…

En d’autres termes, l’avatar du joueur, n’est rien d’autre qu’un nouveau corps. Un corps supplémentaire. Un corps virtuel qui lui permet d’évoluer dans le monde virtuel. Fondamentalement, ce corps est mis en mouvement par l’âme du joueur, par l’intermédiaire des actions que l’esprit imprime à son corps physique, sur la manette ou le clavier. L’avatar est ainsi le joueur lui-même : un joueur affranchi des contraintes et des codes du monde réel. Un joueur peut-être plus conforme au caractère intime de l’âme que la personnalité publique qui s’affiche en société…
Pour le coup, on pourrait ici parler d’anthropologie ternaire ! Mais au lieu des 3 essences corps, âme et esprit, chers aux gnostiques, on aurait là : corps virtuel, corps physique et âme immortelle.

Dans cette perspective, quelle portée, quelles conséquences peut-on attribuer aux actions auxquelles se livre le joueur par l’intermédiaire de son corps virtuel ?

Dans les boutiques de Cyberpunk, on peut acheter des voitures, des armes, des drogues… ou des sextoys.

L’évangéliste nous répond sans nuance : que l’action soit commise sur le plan virtuel ou sur le plan réel, dans tous les cas, c’est d’abord l’intention qui est sous le regard de Dieu.
En effet, on lit dans Matthieu 5, 27-28 :

« Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu ne commettras pas l’adultère.

Eh bien ! moi je vous dis : Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son cœur, l’adultère avec elle. »

 

La formation des abbés n’inclue pas (encore) de sensibilisation aux mondes virtuels. Le prêtre qui entend en confession une addiction au jeu vidéo n’y voit souvent qu’une forme de paresse, puisque tout le temps passé dans ce loisir peut être vu comme de l’inactivité. Or, le joueur est loin d’être oisif. Les trois parties de l’âme, la partie concupiscible, la partie irascible et l’intellect sont toutes mobilisées dans un jeu tel que Cyberpunk 2077.
D’autre part, l’évolution technique a fondamentalement changé la donne. Si, en 2000, un joueur du premier Hitman – codename 47 – pouvait confesser  avoir pris plaisir à contrôler l’Agent 47 pour étrangler à la corde à piano un chauffeur privé afin de lui prendre ses vêtements et de pouvoir piéger le véhicule de son maître – dont l’explosion conditionnait le succès de la partie -, dans le Cyberpunk d’aujourd’hui, la liste des péchés que le joueur est appelé à commettre, tant dans la trame du jeu que dans les quêtes annexes, est exhaustive, déroutante par sa variété et le raffinement du vice : les vidéos du jeu qui circulent donnent un aperçu qui fait déjà froid dans le dos.

Un rituel pour ressusciter les morts…

Outre le vol de voitures et le meurtre gratuit des passants, choses habituelles depuis GTA, Cyberpunk se paie le luxe de pouvoir dépouiller les cadavres, de cacher les corps dans des poubelles, de les démembrer, mais aussi par exemple d’assister à ce qui ressemble à un rituel de résurrection biotechnologique… et même de procéder à une authentique crucifixion ! Dans cette scène surprenante, le joueur est invité à planter des clous dans les mains et les pieds du crucifié dans ce qui ressemble à un snuff movie, puisque l’ensemble se joue sur un plateau de tournage et que le sang jaillit tandis que le supplicié hurle de douleur. Cette scène fait-elle partie du scénario principal ou bien s’agit-il d’une quête annexe cachée que seuls les joueurs opiniâtres pourront découvrir ? Dans tous les cas, la présence de ce seul épisode suffit à nous convaincre que Cyberpunk 2077 est un jeu maudit, et qu’il est du devoir de tout catholique d’avertir nos connaissances, et plus particulièrement des parents d’ados susceptibles d’accéder à ce jeu, de son contenu immoral et blasphématoire.

Vous êtes dispensé de cliquer sur la vidéo ci-dessous. Le lien n’existe que pour convaincre les incrédules qui ne croient pas qu’un tel jeu puisse exister !

Lorsque les joueurs de Cyberpunk 2077 auront fait le tour de l’immonde et de l’indécent, on peut espérer que, dans un ultime frisson d’horreur ou de dégoût, la grâce les arrachera à leur écran. Mais nos bons prêtres catholiques sont-ils prêts à entendre en confession les crimes virtuels commis dans les mondes informatiques ?

 

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